Comment équilibrer ses investissements


Il n’existe évidemment pas de réponse unique. Chaque stratégie est à définir en fonction de chaque profil et chaque situation. Mais une dimension primordiale est de chercher l’équilibre entre les différentes solutions.

De nombreux paramètres entrent en jeu l’âge, la situation de famille, les objectifs à moyen ou long termes, la fiscalité, la sensibilité au risque et l’appétence, objective ou subjective, pour différents types de patrimoine. D’une manière générale, un patrimoine financier équilibré est avant tout diversifié, notamment entre des actifs immobiliers et mobiliers, ce qui permet de limiter les risques de perte. Les professionnels préconisent généralement une répartition équilibrée des investissements, par exemple à 60% dans l’immobilier et à 40% dans les actifs financiers. Cette approche est naturellement adoptée par la majorité des foyers français. Sur les 94% de ménages vivant en France et détenant un patrimoine privé, les deux tiers possèdent à la fois des actifs financiers et des biens immobiliers. Près d’un tiers ne détient que des actifs financiers et ils ne sont que 4% à avoir un patrimoine exclusivement immobilier.

Définir ses objectifs

La constitution d’un placement financier doit toujours répondre à un objectif clairement défini par l’investisseur. Le délai consacré à l’investissement ou à l’immobilisation des liquidités doit être envisagé avec précision, d’autant qu’il conditionne parfois un traitement fiscal favorable. Les placements peuvent ainsi viser à -procurer des revenus perçus régulièrement, permettant de compléter salaires et revenus d’activités ; -procurer des revenus perçus ultérieurement, servant à compléter la pension de retraite ou à couvrir une dépendance, un éventuel problème de santé, ou l’avenir de sa famille ; être capitalisés pour constituer à terme un capital, qui peut servir d’apport pour un achat immobilier, ou être transmis, par anticipation, à ses enfants. Il peut servir également à financer des études ou une grosse acquisition, installer ses enfants devenus adultes, préparer sa succession… C’est l’objectif préalablement défini par l’investisseur en fonction de ses besoins et de son profil de risque qui va conduire au choix du bon placement, c’est-à-dire au placement adapté aux moyens et au but poursuivi.

Évolution dans le temps

L’âge est une donnée capitale pour déterminer la répartition de son patrimoine, et fonctionne par cycle. Même si les projets et les moyens financiers divergent selon les profils, à chaque étape de la vie, personnelle et professionnelle, correspondent des placements à privilégier et des décisions d’investissement à prendre. Une stratégie patrimoniale efficace doit donc envisager plusieurs stratégies d’investissement successives au cours de la vie de l’épargnant – au début de sa vie professionnelle, le particulier préfère généralement s’endetter pour acheter sa résidence principale. Compte tenu des prix de l’immobilier, se constituer un appert prend plusieurs années. L’ouverture d’un PEL constitue donc une première étape. Il est cependant important de constituer une épargne de précaution liquide et sécurisée (remplir les livret A, LDD, supers-livrets…) pour parer les aléas de la vie. Si les revenus augmentent, il est possible de privilégier un investissement à court terme, comme un plan d’épargne en actions (PEA), générateur potentiel de profits rapides ; –le milieu de carrière est généralement la période la plus lucrative, celle où les revenus perçus sont les plus élevés. C’est celle aussi où les charges sont les plus lourdes (remboursement de l’emprunt immobilier, du crédit auto, éducation des enfants…), où il faut penser au financement des études des enfants… et bien sûr à sa retraite I Pour cela, il ne faut pas hésiter à diversifier ses placements dans des valeurs mobilières, comme les Sicav ou FCP, qui peuvent être placés dans un PEA ou un contrat d’assurance-vie multi-supports, afin de dynamiser le rendement. Pensez également à l’épargne salariale ou encore aux fonds à horizon, dont l’allocation est désensibilisée au fur et à mesure qu’on se rapproche de la retraite ; –anticipant la fin de son parcours professionnel, l’investisseur opte fréquemment pour des investissements à long terme, comme des investissements immobiliers, qui lui permettent de bénéficier de revenus locatifs pour compléter sa retraite. Si un crédit est nécessaire, faire coïncider la durée du prêt avec le nombre d’années de vie active restant est un bon calcul. Il peut ainsi s’avérer plus judicieux pour la constitution d’un capital d’opter pour une stratégie offensive les premières années, cri privilégiant le marché des actions avec des investissements à durée assez longue, supérieure à 10 ans. En revanche, au moment de préparer la retraite, il convient d’optimiser ce patrimoine et de le sécuriser en privilégiant le marché obligataire et des investissements d’une durée plus courte, pour conserver le capital accumulé.

Durées d’investissement

On distingue généralement plusieurs durées d’investissement possibles en fonction de la stratégie définie par l’investisseur, ou éventuellement cri fonction du profil de risque qui a été déterminé. –Si l’investisseur a un ou des projets à court terme (moins de 3 ans), il va privilégier des supports obligataires ou monétaires celle stratégie lui permet de rémunérer sur une courte période des liquidités, tout en étant capable de faire face à un besoin de trésorerie ou à un imprévu. Ce choix a également pour effet de limiter l’exposition aux aléas du marché. –si l’investisseur a un ou des projets à moyen terme, la durée d’investissement recommandée est de 3 à 5 ans, une durée adaptée à un investisseur prêt à accepter un niveau de risque intermédiaire, afin de profiter d’opportunités à moyen terme. Une stratégie adaptée à un patrimoine réparti entre des produits obligataires et des actions. –si l’investisseur a un ou des projets à long terme, la durée d’investissement recommandée est supérieure à 5 ans, voire 10 ans. Une stratégie adaptée à un investissement privilégiant les actions, une valorisation élevée d’un portefeuille d’actions constituant, en effet, un objectif à long terme. Elle convient bien notamment à un profil dynamique ou offensif dont l’objectif consiste à réaliser un maximum de plus-values (quitte à s’engager sur des supports très exposés aux risques du marché). Dans tous les cas, l’horizon de placement doit être déterminé en fonction de l’âge de l’investisseur et de ses objectifs patrimoniaux : préparer une retraite, assurer l’avenir d’un enfant handicapé…

Profil d’investisseur

Pour adopter une stratégie d’investissement adaptée à sa personnalité, il est conseillé de définir à quel profil d’investisseur vous appartenez. L’objectif est de collecter toutes les informations nécessaires pour évaluer notamment le risque que vous êtes prêt à accepter. En matière financière, le risque est fortement lié au rendement les produits les plus rentables sont le plus souvent ceux qui offrent le moins de sécurité. Cette mesure du risque détermine en grande partie les produits susceptibles de vous intéresser et qui sont plus ou moins adaptés à votre situation. Les professionnels distinguent généralement 3 types d’investisseurs – prudent ou conservateur : il souhaite prendre le moins de risques possible dans ses investissements. La sécurité des placements et la préservation de son capital est un élément indispensable. Il opte pour des produits pérennes dans la durée, même s’ils offrent un rendement faible ; équilibré : il assume une part de risque mais maîtrisé et souhaite profiter du dynamisme potentiel des marchés financiers sans trop menacer votre capital. Il est prêt à accepter des moins-values, à condition qu’elles soient limitées à cour( terme et qu’elles deviennent des plus- values à moyen et long termes. Il recherche des produits rentables entre 2 et 5 ans ; – dynamique : il est prêt à prendre des risques élevés et à se positionner fortement sur les marchés d’actions pour mieux profiter de leur dynamisme éventuel. Son horizon de placement se situe à plus court ou moyen terme, jusqu’à 3 ans.

Comment déterminer son profil ?

La plupart des établissements financiers proposent des formulaires, questionnaires ou simulateurs permettant de collecter toutes les informations nécessaires pour déterminer votre profil d’investisseur, vos besoins et vos objectifs. Ces outils aident votre conseiller en gestion de patrimoine à vous proposer les produits les plus adaptés à vos besoins. Le profil de risque permet de mesurer l’aversion au risque de l’investisseur au regard de la durée de placement, et de trouver le produit financier le mieux adapté à ses objectifs et besoins. Avant de déterminer le profil de risque, l’investisseur est soumis à une série de questions sur son âge, son statut matrimonial, la composition de son patrimoine, son niveau d’expertise en matière financière, l’importance du critère de la liquidité de son placement, son endettement, sa réaction face à une perte boursière, son horizon de détention et le rendement attendu…

Diversifier son patrimoine financier

Tout le monde connaît le proverbe «il ne faut pas mettre tous ses œufs dans un même panier». En matière de placements, l’appliquer permet de se prémunir contre une baisse importante d’un des actifs, les bonnes performances compensant les moins bonnes. Pour réussir cette diversification, il faut tenir compte de tous les éléments horizon de placement (court, moyen ou long terme), degré d’aversion au risque, objectifs financiers et familiaux pour les années à venir, environnement économique et fiscal. En fonction de ces différents éléments, l’investisseur doit arbitrer entre différentes classes d’actifs présentant une faible, voire aucune, corrélation entre elles. Évidemment, plus le niveau du capital à investir est important, plus les possibilités de panacher les placements sont grandes. La diversification passe en premier lieu par la constitution d’une épargne de précaution de court terme, sécurisée et disponible à tout moment. Cela permet de pallier les besoins récurrents ou ponctuels de sortie d’argent. C’est ce que proposent les livrets d’épargne réglementée et non fiscalisée comme le livret A, le livret de développement durable, ou encore les livrets bancaires non réglementés et fiscalisés. Mais aussi le fonds en euros d’un contrat d’assurance- vie qui garantit un rendement et dont l’épargne est relativement disponible. L’objectif étant aussi de faire fructifier son patrimoine, il est utile de consacrer une partie de son patrimoine à des produits plus rémunérateurs. Pour cela, il faut accepter de placer son argent à un horizon plus ou moins long pour bénéficier de l’effet temps et capter le potentiel de hausse des marchés. Mais aussi de prendre davantage de risque puisque ces placements n’offrent pas de garantie. Différentes solutions existent comme les valeurs mobilières (actions, obligations, Sicav, fonds communs de placement) dans lesquelles il est possible d’investir par exemple via un compte-titres ou un PEA. Mais il faut aussi prendre en compte les contrats d’assurance-vie multi-supports mêlant fonds en euros et unités de compte pour dynamiser le rendement. De même, en vue de se constituer un complément de retraite, il convient là aussi de dynamiser son patrimoine. Plus l’échéance est lointaine, plus la prise de risque peut être grande. A l’inverse, plus on se rapproche de la date de départ à la retraite, plus le portefeuille est désensibilisé.

Le cas des entrepreneurs

Dans le cas du dirigeant propriétaire ou actionnaire majoritaire de son entreprise, la question de la stratégie patrimoniale est plus subtile. Il convient, en effet, de distinguer son patrimoine personnel et professionnel, articulé autour de l’entreprise. Ces deux patrimoines sont évidemment liés : en créant ou en rachetant une entreprise, l’entrepreneur met en jeu son bien personnel, engageant ainsi ses proches et son statut social, dans l’objectif de réaliser son projet. Il est donc nécessaire pour l’entrepreneur de se poser les bonnes questions quant à -la protection de son patrimoine personnel ; -ses objectifs quant au développement de son patrimoine professionnel. Et cela dans les trois phases de la vie de l’entreprise : -au moment de la création ou du rachat : comment protéger ma famille, mon logement ? Quelle forme sociale choisir pour exploiter ? Vers quelle protection sociale s’orienter ? -durant l’exploitation : comment financer le développement de l’entreprise ? Quelles sont les incidences sur ma fiscalité personnelle ? Quels modes de rémunération adopter ? Comment bâtir un patrimoine personnel distinct du patrimoine professionnel ? -au moment de la cessation d’activité comment assurer la continuité de l’activité ? Comment assurer la gouvernance ? Quel cadre fiscal?