Sachez quel investisseur vous êtes


Sachez quel investisseur vous êtes

AVANT DE CHOISIR QUEL PLACEMENT SOUSCRIRE OU NON, SOYEZ AU CLAIR AVEC VOUS-MÊME. FAITES LE POINT SUR VOS PROJETS, VOTRE HORIZON, VOS CONNAISSANCES… C’EST INDISPENSABLE.

La gestion de patrimoine est une affaire de moyens et d’âge, bien sûr. De tempérament, de situation familiale, de projets, encore. De connaissances financières, aussi. C’est un tout, plaident les conseillers patrimoniaux chevronnés. Procédons alors par ordre. Épargner, c’est renoncer à une consommation immédiate de ses revenus, mettre des ressources de côté pour le futur, se projeter en somme. Ce n’est pas simple, chacun en conviendra. Mais prendre le temps de la réflexion donnera du sens à vos décisions. Partant de là, il y a trois grands axes à «travailler» pour épargner plus efficacement.

RENFORCER SON SAVOIR THÉORIQUE

Selon des études récurrentes, la culture financière des Français serait lacunaire. Test: connaissez-vous le taux d’intérêt actuel appliqué au livret A? Dans le baromètre de l’épargne 2019 de l’AMF, seuls 37% des sondés avaient vu juste, alors que ce produit est le plus détenu du pays (83% des ménages). Cette ignorance est préjudiciable à la gestion des économies, même si beaucoup de professionnels estiment que «les gens se désintéressent de cette question, car ils ne perdent pas grand-chose en ne plaçant pas, ou mal, leur argent, au vu des rendements affichés ici ou là». Pas grand-chose? Fin juin 2020, ce sont 677 milliards d’euros qui étaient stockés sur les comptes bancaires sans aucun rendement ou détenus en espèces… Et cet argent se dévalorisait jour après jour, rongé par l’inflation (hausse des prix). Appliqué à ce stock, un taux d’inflation annuel faible de 0,5% engendrerait une perte de 3,38 milliards d’euros (0,5 x 677/100) pour les ménages. Heureusement, fin octobre, la hausse des prix sur un an était nulle selon l’Insee. Du reste, il eut fallu ajouter les frais de tenue de compte pris par les banques pour enfoncer le clou. Mais passons, car le mal est plus profond. Selon ce même baromètre, 29% des personnes attendaient, fin 2019, un rendement entre 3 et 4% pour un placement à capital garanti, et 24% des sondés, plus de 4%. Mission impossible: en 2021, les meilleurs produits à capital sécurisé – des perles rares – ne donneront que 2%, et la quasi totalité du marché, entre 0 et 1%. Bref, nous ignorons (à 69%, selon le sondage Opinion Way/Altaprofits de juin 2019) ce que rapporte, ou pourrait rapporter, notre épargne. Serions-nous fâchés avec les chiffres?

LEVER LES FREINS PSYCHOLOGIQUES

Pour gagner en efficacité, il faut aussi s’attaquer à nos multiples mauvaises habitudes de gestion, identifiées par les chercheurs en finance comportementale. En vrac, nous investissons souvent le regard rivé dans le rétroviseur, prenant nos décisions sur des performances passées. Nous plaçons également à l’aveugle, sans nous intéresser au niveau des frais, par exemple. Ajoutons à cela cette faculté de l’épargnant à ne retenir que les éléments validant ce qu’il pensait déjà (biais de confirmation). Ou à tirer des conclusions hâtives d’un exemple particulier. Avec le temps, s’améliore-t-on? Certes, l’expérience corrige certains biais, mais pas tous. Et pour cause, les freins psychologiques sont à l’œuvre. Ainsi, une perte nous affecte davantage qu’un gain de même montant(1); cette asymétrie explique l’aversion pour le risque si courante en France.

IDENTIFIER SON PROFIL

Voilà qui nous mène au troisième axe clé: le profil de l’épargnant. Les autorités publiques, via moult obligations imposées aux professionnels, en ont fait leur cheval de bataille. Désormais, avant de souscrire un contrat, il faut montrer patte blanche en cochant mille et une cases d’un questionnaire censé définir votre tolérance au risque. De quoi dédouaner les intermédiaires financiers si vous contestiez par la suite le placement réalisé… Chacun se couvre, très bien. En attendant, quel est votre profil ? Si vous êtes prudent, placer de manière trop risquée va vous rendre anxieux et malheureux. Et vice-versa. Attention, la perception fluctue au fi l du temps pour un investissement donné. Ainsi, plus les marchés actions montent, plus l’on est prompt à prendre des risques, alors que la possibilité de baisse des marchés est, elle aussi, en train de croître. Voilà pourquoi, comme la cavalerie, les investisseurs arrivent souvent trop tard. Chacun connaît l’histoire : quand votre chauffeur de taxi vous parle d’investir en Bourse, c’est qu’il est temps de vendre ! Un dernier écueil frappe les épargnants à l’orée de l’année 2021 : la procrastination. Trop d’infos, de sollicitations, de nouveautés et d’options à cocher conduisent à l’immobilisme, ou à prendre des résolutions sans lendemain. Pour faire sauter ce verrou, il faut revenir à la base : pourquoi épargnez-vous ? En donnant du sens et une trajectoire à son épargne, on se remet en selle. On s’intéresse alors davantage aux éléments de marché, comme le rendement de l’épargne précité, mais aussi aux produits disponibles.


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